L'opérateur mobile virtuel Transatel table sur une forte croissance en Europe
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Transatel, l'unique opérateur mobile virtuel utilisant le réseau de Bouygues Telecom, table sur une croissance de 50 % de son chiffre d'affaires en 2007, tout en restant positif, grâce à son déploiement européen.
Le métier de Transatel, qui n'a pas de réseau en propre, est d'être non seulement opérateur mobile virtuel (MVNO), proposant des services « low cost » auprès des hommes d'affaires, des résidents étrangers et de transfrontaliers, mais aussi un facilitateur technique - ou MVNE (« mobile virtual network enabler ») - pour le compte de fournisseurs de services mobiles sous leur propre marque. Sa rentabilité lui permet de poursuivre sa croissance en Europe. « Nous devrions terminer l'année 2006 proches des 10 millions d'euros de chiffre d'affaires, et nous visons les 15 millions d'euros pour fin 2007, tout en restant profitables comme c'est le cas depuis 2004, ou tout du moins en gardant l'équilibre en raison des investissements pour conquérir d'autres marchés européens », indique Jacques Bonifay aux « Echos ». Après avoir levé 5,3 millions d'euros depuis 2000, dont environ 2,5 millions durant l'été dernier - ses investisseurs étant Pyramid Technology Ventures, l'Anvar, Charles Beigbeder, l'équipe dirigeante et SPEF -, le président du directoire de Transatel précise qu'il « discute d'une nouvelle levée de fonds de 5 millions d'euros ». L'opérateur alternatif pilote déjà une quinzaine de MVNO en Europe et propose des réductions de 30 % à 100 % sur le « roaming », dont il prône auprès de Bruxelles la liberté tarifaire. « Nous comptons en Europe 70.000 abonnés mobiles, dont près de 10.000 sous notre marque Transatel, qui dépensent chacun en moyenne 130 euros par mois », se félicite Jacques Bonifay. Présent en Belgique (accord avec Base), qui représente la moitié de ses revenus, en France (un tiers du chiffre d'affaires) ainsi qu'aux Pays-Bas (avec Telfort) et au Luxembourg (avec Tango), le MVNO européen prévoit de se lancer au printemps 2007 en Allemagne. La Suisse, la Grande-Bretagne - où Transatel avait un accord avec One 2 One que celui-ci a gelé en 2002 après avoir été racheté par T-Mobile - et l'Autriche suivront. « Concernant Bouygues Telecom, notre accord, signé dès 2001, est limité à la cible des voyageurs fréquents et nous permet de maîtriser la carte à puce (SIM) de nos abonnés mobiles, contrairement aux autres MVNO en France, et la messagerie vocale », explique le patron de Transatel. Il s'agit d'un contrat dit « SCS » (société de commercialisation de services) amendé. Contrairement à son accord en Belgique avec Base, le MVNO est limité en France au postpayé et à des niches prédéfinies. Jacques Bonifay estime cependant que Bouygues Telecom est à l'écoute de son souhait de voir évoluer son accord, vers le prépayé par exemple. Discutant aussi avec Orange et SFR « dans le respect de l'accord avec Bouygues Telecom », il met déjà son activité de MVNE au service de Ten, MVNO d'Orange. Jusqu'alors discret, Transatel « n'exclut pas de s'intéresser au marché grand public en 2007 ». CHARLES DE LAUBIER |
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