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L'épreuve de vérité en téléphonie mobile

Source / Speaker:
L'Agefi
Date:
Friday, 28 May 2010

TRANSATEL. La Confédération veut faire baisser les prix des télécommunications mobiles. Un nouvel entrant la prend au mot.

 

Le marché de la téléphonie mobile est en pleine effervescence. Arrivé à saturation (avec un taux d'équipement de 118% selon les chiffres de la profession), la forteresse Swisscom (61% de parts de marché) est assaillie non seulement par Sunrise (20%) et Orange (16%). De nouveaux entrants se positionnent progressivement: les opérateurs mobiles virtuels (3% du marché).

 

Ces opérateurs mobiles virtuels louent une partie des infrastructures des opérateurs mobiles existants et en acheminant le trafic de voix et de données sur leur propre réseau numérique. Jusqu'à présent, ces opérateurs ont ciblé des niches de clients mal servis par les opérateurs dominants. Transatel, présent en France, au Benelux et au Royaume-Uni, espère changer les choses.

 

Ce qui l'a poussé a cibler le marché suisse, relativement petit face aux autres grands marchés européens est la situation des prix anormalement élevés. Selon Jacques Bonifay, président du directoire de Transatel et d'Alternative Mobile, association regroupant les plus importants opérateurs mobiles virtuels français, «les opérateurs mobiles virtuels [Mobile Virtual Network Operators] stimulent la concurrence avec des prix plus bas et de nouveaux services non seulement pour les consommateurs mais aussi pour les entreprises».

 

La Confédération s'est d'ailleurs exprimée à ce sujet, après le rapprochement bloqué Orange/Sunrise (qui avait auparavant racheté Tele2 Mobile) du fait des règles anti-trust. Le président de Transatel ajoute: «La Suisse, à la différence du reste de l'Europe, ne bénéficie pas de tarifs encadrés en matière de roaming. Or elle est très intégrée à l'Union (frontaliers, voyageurs, professionnels). Il est temps de leur offrir une solution adaptée». Transatel déclare ainsi baisser les frais de roaming de 30% à plus de 90%.

 

L'attractivité du marché suisse pour les opérateurs étrangers est forte: non seulement les prix sont élevés, mais la concurrence n'a jusqu'à présent que joué sur les packs d'offres ou des services supplémentaires. C'est ce qu'ont tenté Tele2 et Sunrise, sans atteindre une masse critique qui puisse leur donner les moyens de se développer. Jacques Bonifay explique que «le niveau d'innovation de services est assez faible. Il y a donc logiquement une opportunité.» Les coûts pour gagner la confiance du consommateur sont en revanche considérables. Tele2 avait fait les frais d'une couverture du territoire médiocre et d'une qualité de service aléatoire. Transatel, bien que discret sur le sujet, espère faire jouer son expérience de premier opérateur mobile virtuel européen. Un de ses atouts réside dans sa capacité à fournir les outils à d'autres opérateurs mobiles virtuels potentiels. Transatel pourrait de fait changer la donne: «En Suisse, de nombreuses sociétés proposent des offres de téléphonie fixe, de télévision ou d'énergie et pourraient être opérateurs mobiles». La convergence de téléphonie fixe, de téléphonie mobile et de télévision (triple play), mais aussi d'accès Internet (quadruple play) et au-delà est encore peu développée. Nul doute que ces offres auront l'oreille des clients suisses soucieux de réduire leurs factures mensuelles.

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